Comment communiquait on rapidement des textes autrefois?

Par Jacques A.

 

De tout temps l’humain a cherché de communiquer avec ses semblables, notamment par des signaux visuels ou sonores : Tam-tam, olifant, signaux de fumée, sonneries de cloches (tocsin, glas, vêpres..) etc…

Le premier télégraphe (optique) , n’a été inventé par le français Claude CHAPPE qu’en 1791.

Puis la fée électricité est passée par là et les signaux électriques ont remplacé les signaux optiques.
La télégraphie électrique qui est une transmission de message texte d’un point à un autre date de 1840.
Un premier codage, breveté par Samuel Morse, a consisté à coder les caractères par une succession de bips courts ou longs. Le bip court étant représenté par un point et le bip long par un tiret lors d’une transcription écrite. Ainsi le fameux SOS est codé :

Coder et décoder rapidement le Morse nécessite une formation adaptée et une dextérité certaine. Le Morse sera longtemps utilisé en radiotélégraphie.

En 1874 un ingénieur alsacien Émile BAUDOT dépose un brevet pour un télégraphe imprimeur traduisant des signaux électriques en caractères imprimés.

C’est l’ancêtre du télescripteur ou téléimprimeur qui dans les années 1960 donne naissance au réseau TELEX exploité par les Postes Télégraphes et Téléphones (Autorité d’état détenant le monopole de la transmission sur le domaine publique) et utilisant le code BAUDOT.

Ce code à 32 combinaisons (de nos jours, on dirait de cinq bits) permet d’avoir les lettres de l’alphabet (en majuscule uniquement), les chiffres de 0 à 9, quelques signes de ponctuations et diverses fonctions comme retour en début de ligne, nouvelles lignes, sonnerie, etc… 

Pour dépasser les 32 caractères utilisables, on utilise deux caractères spéciaux le code CFRS (= chiffres) et le code LTRS (= lettres) qui changent la signification des caractères qui suivent (un peu comme la touche Majuscule d’un clavier d’ordinateur). Au lieu de disposer de 32 caractères, on peut ainsi aller jusqu’à 60 caractères.

E.D.F. dès 1966 saisit l’opportunité de créer son propre réseau de communication par l’écrit en se basant sur la même technologie que celle des PTT, mais en s’appuyant sur son propre réseau filaire, véritable toile d’araignée couvrant tout le territoire.

Les équipements (centraux ou autocommutateurs télégraphiques) étaient installés dans les 7 Centres Régionaux de Transport et de Télécommunications, (Transport désignant ici le transport de l’électricité à haute et très haute tension).

En 1968, sont mis en service les premiers centraux (COMÈTE) pour mettre en relation 2 abonnés. Ils étaient basés sur le même système de commutation électromécanique que celui utilisé en téléphonie (Crossbar). Lorsqu’un abonné était occupé, le message était aiguillé vers un perforateur local à bande papier (mémoire tampon). Dès que le destinataire était libre, le central renvoyait le message via un lecteur électromécanique.

                     SCHEMA DE PRINCIPE D’UNE LIAISON TÉLÉGRAPHIQUE FILAIRE

L’échange de message entre les abonnés A & B se faisait à l’alternat (chacun devait écrire à son tour).

La deuxième génération (COMÈTE 1) était articulée autour d’un calculateur industriel ETC50 de la société CETT avec 2 cartes mémoires à Tores de ferrite d’une capacité de16K.

La troisième génération (COMÈTE 2) fonctionnait via 2 calculateurs UNYSIS BUROUGHS reliés en miroir (recopie des informations de l’un sur l’autre pour disposer d’une sauvegarde permanente). 

Sur Comète 1 & 2 des convertisseurs numérique/analogique (boucle de courant 20mA) servait d’interface entre les calculateurs et les terminaux (nommés téléimprimeurs ou plus couramment TELEX par antonomase (adoption de l’appellation du nom du réseau public des PTT).

Les premiers appareils étaient complètement électromécaniques conçus par diverses sociétés comme Télétype Corporation aux USA, CREED en Angleterre, SIEMENS et LORENZ en Allemagne, OLIVETTI en Italie et SAGEM en FRANCE.

Le premier téléimprimeur SAGEM SP4, entièrement électromécanique fût conçu pendant la seconde guerre mondiale, au nez et à la barbe de l’occupant à l’usine de Montluçon.

Avec l’arrivée des transistors (au germanium TGNA & TGNB), la société SAGEM conçoit un appareil avec une partie électronique (pour la réception et l’émission) associé à la mécanique pour l’impression.

Pour faire simple, imaginez une machine à écrire mécanique reliée à un système électronique !


Viendrons ensuite des machines entièrement électroniques avec une imprimante intégrée, les derniers modèles seront à base de PC.

 

Publications similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *