Des errances dans les traboules…

Par Alain S.

Photo de la structure métallique support d’antennes télécom située sur l’immeuble EDF de la Part Dieu surnommée le « LEM » du fait de sa ressemblance avec le module lunaire de la NASA.

 Les traboules sont, à Lyon, des passages piétons à travers des cours d’immeuble qui permettent de se rendre d’une rue à une autre et qui forment un dédale où il est facile de se perdre… Mais traboule est aussi un système de téléphonie EDF pour la région lyonnaise où, comme on va le voir, il y a des pertes…

Au début des années 1990, le renouvellement de la desserte téléphonique d’un certain nombre d’unités EDF GDF de la région Lyonnaise a donné lieu à un projet innovant : Traboule (Téléphonie et transmission de données Réparties sur un réseau d’Autocommutateurs en Boucle Organisé pour les Unités Lyonnaises d’EDF-GDF) (en savoir plus sur Traboule).

Ce réseau atteindra 30 sites et 6 600 abonnés en 1997. Sa réalisation a amené à déployer, lorsque cela était possible, de nombreux Faisceaux Hertziens à 23GHz pour disposer de liens numériques à 2 Mégabits par seconde.

Vue du bond entre Part Dieu et M+M

Au centre de Lyon entre les immeubles de la Part Dieu et M+M la solution du Faisceau hertzien 23 GHz n’était pas envisageable, car avec cette technique, la distance entre les deux sites étant très courte, il y avait un phénomène de saturation du niveau reçu provoquant un « Eblouissement » du récepteur. Il a donc été décidé d’installer un Faisceau LASER entre les deux sites. L’installation des équipements se faisant sur un potelet (tube de 1,50m de hauteur) coté immeuble M+M et sur l’infrastructure métallique appelée le « LEM » qui se trouvait au sommet de la Tour EDF côté immeuble Part Dieu .

Par rapport aux Faisceaux Hertziens, les faisceaux lasers demandent une plus grande précision dans l’alignement des antennes (pointage) et ne tolère que peu le dépointage angulaire.

Les équipements furent installés et raccordés avec succès. Ils fonctionnèrent normalement quelques mois puis furent le siège de coupures fréquentes. Il est apparu que le pointage était souvent à reprendre sans arriver toutefois à trouver une solution qui fournirait une liaison stable et avec un taux d’erreurs acceptable.

Après de nombreuses interrogations et recherches, la corrélation a été faite avec la météorologie : la structure métallique du « LEM » côté tour de la Part Dieu se dilatait de façon différentielle, la partie au soleil se dilatant plus que les autres. Cette déformation, certes minime suffisait à provoquer un dépointage du Faisceau LASER supportant le lien à 2 Mbps.  En fonction de la torsion du LEM la liaison avait un taux d’erreurs de plus en plus important et dans les cas extrêmes se coupait, le défaut étant parfois présent le jour et disparaissant la nuit. (Pour les curieux, le même phénomène touche la tour Eiffel dont le sommet peut se déplacer de 20 cm sous l’effet du soleil.)

Cette anecdote montre que, bien qu’utilisant une technique avancée et éprouvée, et en s’appuyant pour la mise en œuvre sur des techniciens chevronnés et impliqués, des aléas sont toujours possibles dont certains ont des causes qui, a postériori, sont simples.  

Nota pour les curieux : Contrairement aux FH (faisceaux hertziens), les liaisons laser n’étaient pas soumises à autorisation (simple lumière) mais par contre n’étaient pas garanties contre la mise en place, par un tiers, d’un obstacle entre les 2 extrémités.

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