Les moyens de télécommunication sur les lignes haute tension

Par Henri T.

« La conduite d’un réseau électrique est simple si l’on dispose d’un dispatcheur intelligent et de télécommunications qui fonctionnent bien. » M. Tessier, Chef de Centre à Lyon vers 1950

Rappels

Le décret du 29 juillet 1927

Il a imposé aux opérateurs de réseaux électriques de se doter des moyens de communication nécessaires pour assurer la sécurité de l’exploitation.

Le monopole d’état pour les télécommunications

Les transmissions dont les supports passaient dans le domaine public faisait l’objet d’un monopole d’état dont la tutelle était confiée à l’administration des PTT (Postes, Télégraphes et Téléphones). De ce fait la construction et l’exploitation de lignes de communication étaient soumises à une autorisation formelle donnée dans un premier temps par des « circonscriptions électriques » (dépendant du ministère de l’industrie) et donnaient lieu à une redevance, (réduite de 50 % pour les exploitants de réseaux électriques) y compris si la ligne avait été construite aux frais du demandeur. Ce monopole prendra fin avec la loi du 26 juillet 1996.

L’état du réseau téléphonique d’état avant les années 80.

Jusqu’à la fin des années 1970 l’étendue et la qualité du réseau téléphonique étaient très inférieures aux besoins nationaux, et sa mise à disposition très couteuse.
De ce fait, le rêve des exploitants de réseaux électriques fût de disposer de moyens propres contrôlables, fiables et indépendants de fournisseurs extérieurs. Dans ce cas, quoi de mieux que d’utiliser directement les lignes haute tension ou leurs supports pour y accrocher des lignes de communication !

Mais détaillons un peu les évolutions successives des technologies utilisées pour cela :

1. La téléphonie protégée :

L’idée d’installer des fils téléphoniques sous les lignes d’énergie (souvent 26 kV, ou 63 kV) est vite venue aux électriciens.

Afin d’éviter les risques liés à l’induction, on a tout d’abord installé des appareils isolants, écouteurs et micros prolongés par des cornets ou des tubes isolants, courroies de cuir pour la magnéto d’appel.

L’opérateur, monté sur un tabouret isolant, pouvait utiliser avec une certaine sécurité le téléphone à batterie locale. L’exploitation a cessé vers 1953.

Ci-contre ligne 63 kV équipée d’une ligne téléphonique

2- Les courants porteurs en ligne
Le principe est d’injecter sur une ligne électrique les informations à transmettre en modulant une fréquence porteuse dont la fréquence est très éloignée du 50 Hz (bande de 40 à 500 kHz).
De nombreuses lignes ont ainsi été équipées, avec toutefois des contraintes sur les fréquences allouées par l’autorité ad hoc, afin de ne pas perturber les autres utilisateurs (aviation civile, militaires, radiodiffusion etc…)

Pour en savoir plus

3- Les câbles téléphoniques à armure close.

Apparus dans les années 50, ils sont constitués d’une voie de 3 quartes étoile entourée(s) d’une gaine isolante intégrée dans une double armure porteuse en almelec-acier constituée de « fils en Z » évitant la compression de la partie téléphonique.

Les câbles téléphoniques sont dits « sur-isolés » et des protections par translateurs sont installés aux 2 extrémités. On dispose ainsi de 2 circuits 2 fils et d’un circuit dit fantôme.

En savoir plus sur les circuits fantomes

Ces câbles ont été posés en tant que câbles de garde ou accrochés aux fûts des pylônes, un peu plus bas que les conducteurs. Il y en a eu peu, compte tenu du coût élevé

4- Les câbles Thym :

Il s’agit d’une évolution des câbles à armure close et de la normalisation de leur constitution. 

En particulier l’armure porteuse est simplement constituée de fils ronds avec une protection renforcée des fils téléphoniques :

 Les câbles Thym « Q » comportent une ou plusieurs quartes. Environ 300 liaisons de longueur d’environ 1500 km étaient posés en 1990

Les câbles Thym « C » comportent plusieurs coaxiaux permettant des liaisons analogiques multiplexées. Environ 160 liaisons, au total 3000 km. En 1990 il ne s’en posait déjà plus

NOTA : Lorsque la ligne électrique est souterraine, des câbles téléphoniques généralement armés peuvent être posés dans la même fouille que les câbles haute tension.

4- Les fibres optiques.

A partir de 1990, des fibres optiques associées à des câbles de garde ont été posées à titre expérimental, (sur la ligne Reims-Rethel). Le processus a ensuite été normalisé (câbles Thym « F »)pour une pose sur les nouveaux ouvrages construits avec câble de garde.

Dès l’an 2000, afin d’augmenter la fiabilité des transmissions nécessaires aux protections différentielles de lignes et des transmissions d’informations de téléconduite, le réseau ROSE (Réseau Optique de Sécurité) est progressivement mis en place par RTE via un programme de câbles à fibre optique posées sur des lignes Haute Tension.
 Il est constitué majoritairement de liaisons de 4×12 fibres optiques monomodes. Elles sont :
* soit intégrées dans un câble de garde (câble THYM F),

*soit enroulées sur un des trois câbles de phase d’un ouvrage 63 kV (COEP) ou sur un câble de garde (COEG),

*soit encore à l’intérieur d’un câble de phase de ligne 225 kV (technologie OPWC).


*Enfin, il y a les câbles de fibres optiques posées en fourreau le long des câbles souterrains.

Câble Thym "F"
enrouleur de fibre sur cable

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