Les compteurs d’énergie électroniques

La formule fondamentale de la mesure de l’énergie électrique est représentée par l’intégrale :

avec

u (t)    tension instantanée présente sur le réseau,

i (t)       courant instantané parcourant le réseau.

Le principe de fonctionnement des compteurs d’énergie électromécaniques est fondé sur les règles de l’électromagnétisme avec un disque qui est soumis aux champs magnétiques alternatifs produits par deux électroaimants qui y induisent des courants de Foucault, lesquels génèrent sous l’effet d’un couple proportionnel au produit de la tension par le courant une rotation du disque corrélée à l’énergie consommée.

Les progrès technologiques engendrés par l’électronique et les circuits intégrés associés ont permis de calculer le produit de la tension par le courant facilement via des composants de très petite dimension qui ont évolué vers des unités de traitement de l’information permettant d’intégrer en un seul équipement toutes les fonctions associées au comptage de l’énergie (énergie active, énergie réactive, puissance maximum atteinte, dépassements des puissances souscrites, sommation, etc…).

Les compteurs électroniques ont ainsi progressivement remplacé les compteurs électromécaniques, car ils permettent non seulement de constituer en un seul équipement un système de comptage complexe, mais également

  • de proposer une métrologie meilleure et une dynamique plus grande que celle des compteurs électromécaniques
  • d’utiliser des dispositifs antifraudes et d’autotests
  • de pouvoir être télé-relevés
  • de recevoir et traiter des consignes émises d’un niveau centralisé ( ex changement de tarif) 
  • et cela pour un coût voisin de celui des compteurs électromécaniques 

Ils ont d’abord été implantés dans les années 80 auprès de la clientèle industrielle de la Distribution d’EDF (aujourd’hui Enedis) avec le compteur TRIMARAN « Totalisateur electRonique Indicateur de MAximum à Relevé Automatique par téléphoNe » et du Transport d’EDF (aujourd’hui RTE) avec le comptage 90. D’autres compteurs électroniques ont ensuite été implantés auprès de la clientèle industrielle comme des compteurs calculant les énergies actives et réactives consommées et produites.

Dans les années 2000, ils ont commencé à être installés auprès de la clientèle domestique pour être généralisés à partir de 2016 avec le nouveau compteur intelligent Linky qui équipe aujourd’hui environ 34 millions de foyers.

Compteur Trimaran
Compteur Linky
Armoire comptage 90

Publications similaires

  • Protections et transformateurs de mesure

    Par Jean R. Les tensions et courants utilisés par les protections pour identifier et caractériser les courts-circuits ou les perturbations sur le réseau sont des images électriques des valeurs côté haute tension adaptées aux circuits de mesure des protections, typiquement une centaine de Volts pour les tensions et quelques Ampères pour les courants. La transformation…

  • Le bac de commutation « normal / secours »

    Par Daniel S Les années 1980 ont vu l’installation des premiers équipements informatiques du palier « SDART » (Schéma directeur de l’Automatisation du Réseau de Transport) dans les postes du réseau électrique.  Pour des raisons de sécurité et de disponibilité, ces équipements et leurs liaisons de transmission étaient doublés.  Les PCG (Pupitres de commandes groupés) ont été…

  • |

    Les caractéristiques des lignes électriques

    Par Jean R. Les réseaux électriques sont en majeure partie constitués de lignes aériennes qu’il est nécessaire de représenter dans les modèles autrefois analogiques et aujourd’hui numériques de réseau. Les modèles de réseau sont couramment utilisés par les gestionnaires de réseau pour les simulations indispensables au bon fonctionnement des réseaux telles que : Comment représenter…

  • L’analyse des incidents sur les réseaux électriques

    Par Jean R Les réseaux électriques sont en majeure partie aérien et de ce fait soumis à de nombreuses « agressions » climatiques (foudre, pluie, givre…) ou liées à l’activité humaine (engins de chantiers, parapentes, cannes à pêche…) qui peuvent entraîner des courts-circuits (« défauts » dans le jargon des exploitants de réseau). L’exploitation du réseau génère également le…

  • La RXAP

    Au milieu du siècle dernier, sont apparues sur le réseau de transport d’électricité, les premières protections de distance RXAP. Elles seront largement déployées pendant une trentaine d’années. De technologie électromécanique, elles seront progressivement abandonnées au profit d’équipements plus performants de technologie électronique puis numérique. Une centaine de RXAP est encore en service sur le réseau. …

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *